Téléthon
Tous les ans, France télévision nous plante le décors. Un grand écran pour les reportages et interventions
en tout genre, des envoyés spéciaux aux 4 coins de la France, des présentateurs de moins en moins frais au fil des heures, des artistes, des pseudo people et un public. Pas n'importe quel public.
On mise sur notre bon coeur et donc on fait appel à nos sentiments.
Chaque année, on nous explique que les dons servent à la recherche et à l'amélioration de la vie des malades.
En coulisse, il y a les gosses crevés, les heures d'attente pour 3 minutes d'intervention. Tout juste le temps de donner le nom d'une association autre que l'AFM.
Parce que ceux qui mènent le jeu, ce sont les gens de l'AFM. On vous parle de maladies rares, de temps en temps, pendant le direct. Mais on en revient toujours aux myopathies. On ne peut pas les blamer, c'est le père d'un enfant myopathe, membre de l'AFM qui est à l'initiative de l'importation du téléthon. A la base, c'était un concept américain.
Mais le premier téléthon c'était en 1987. Depuis, les chercheurs ont trouvé d'autres maladies génétiques grace au décodage du génome humain. D'autres saloperies qui pourrissent la vie de nos gamins, les handicapent, les tuent. Et eux, on n'en parle pas assez.
Pour eux, les recherches sont encore plus lentes, voir inexistantes pour certaines maladies dont il n'y a que quelques porteurs en Europe.
Parce qu'il y a, dans les maladies rares, les maladies orphelines. Il me semble qu'une maladie est dite "rare" quand il y a moins de 30 000 cas (en France), alors imaginez quand on vous annonce que votre gamin a une maladie qui ne touche qu'environ 5 000 personnes en Europe.
Et pourtant, France télévision, l'AFM et les autres partenaires font toujours très peu de place à ces maladies.
Et chaque année, ça me révolte. Comme ça m'avait révoltée qu'on parle de la mucoviscidose, comme si on venait de la découvrir, quand un gamin de la star ac' en est mort. Cette maladie, on la connait. Grégory Lemarchal n'était pas le premier malade, ni le dernier. Les autres sont retombés dans l'oubli, dès que la peopolisation autour du décès de ce gamin s'est atténuée.
Alors, tandis que mon Troll1 participera au téléthon, en faisant une démo de sabre Coréen, en centre-ville, je vais faire mon propre téléthon ici, sur ce blog.
Une association qui me tient à coeur. Je ne savais même pas que cette maladie existait, avant de rencontrer une jeune fille adorable et sa fabuleuse maman. Et ce n'est pas le téléthon qui me l'a fait découvrir. Pas assez de malades, pas rentable pour les gros labos, pas assez visuel peut-être pour les médias.
Une autre association, une autre maladie rare, d'autres malades ignorés par France télévision. Là non plus, je ne connaissais pas, avant qu'une ancienne connaissance m'annonce que son fils en était atteint.
Parce que j'ai grandi avec un oncle trisomique, la peur d'avoir un enfant atteint de ce syndrome, le regard des autres, l'ignorance et la connerie des gens...
Et parce que Grégory Lemarchal n'était pas l'unique malade.
Si j'avais les moyens de faire des dons ( on verra quand j'aurai un vrai boulot), c'est à ces associations que je les ferais. Et puis, j'ai une pensée aussi pour les malades en errance de diagnostic, ceux pour qui le décodage du génome n'explique rien, pour l'instant. Une pensée aussi pour ceux qui luttent, attendent des résultats effrayants venus d'Allemagne. Une pensée aussi à une petite fille que j'aime tendrement, que le téléthon ignore parce qu'aucun médecin ne peut mettre un nom sur ses souffrances.
Pour ceux qui veulent soutenir le téléthon, c'est toujours le 3637, le site du téléthon ou les animateurs des nombreuses animations dans votre ville...
Malheureusement, sans les dons, aucune
association ne peut venir en aide aux malades. L'état s'en est déchargé en partie, comme il le fait avec la précarité, laissant les restos du coeur prendre en charge les plus démunis. Et comme la
recherche coute cher... Je vous laisse déduire la suite.
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