Troublant...
D'abord deux petites vidéos. Bien sur, ce n'est qu'une partie des difficultés liées à ces troubles neurologiques, mais je les trouve bien faites..
Dysphasie from adrien honnons on Vimeo.
Dyspraxie from adrien honnons on Vimeo.
Aujourd'hui, élève2 était pénible, enfin disons particulièrement pénible. Dès que je demandais à un élève de ne pas crier, il faisait exprès de le faire. Si je disais de ne pas chahuter dans le rang, il le faisait automatiquement. Je me suis donc fâchée (Et je commence à en avoir marre de me fâcher). Mais pendant que je le disputais, il m'a dit une chose assez bizarre.
- De toute façon, je ne te crois plus, tu dis que je travaille bien quand c'est pas vrai et tu dis que je peux faire des trucs alors que je ne sais pas.
Comme ça n'avait aucun rapport avec notre discussion, je lui ai demandé de m'expliquer. Au départ il a refusé, mais j'ai fini par lui tirer les vers du nez.
Et bien figurez-vous qu'on en revient au point zéro de notre relation AVS/élève. Il ne me fait plus confiance.
Il se trouve que je le pousse à essayer de faire de son mieux, et parfois, il n'y arrive pas aussi bien qu'il le voudrait. Mais en plus, lorsque je le félicite pour un 6/10 en conjugaison (qui est juste une matière tout droit venue de l'espace inter-sidéral), sa maman lui dit, de son coté, que c'est un résultat moyen. Si je lui dit de faire son cartable tout seul, parce que je sais qu'il en est capable, pour peu qu'il essaie vraiment de s'organiser. Ses parents, de leur coté, lui disent que "non", ils préfèrent que je vérifie parce que sinon leur fils va tout oublier. Comme s'il n'était pas capable de mettre son livre de français dans son cartable quand il y a écrit "relire la page 168" sur son cahier de texte. Evidemment, je supervise et si je me rend compte qu'il oublie une leçon,je lui demande de façon détournée s'il a bien pensé à vérifier sa pochette bleue. Et je fais semblant de ne pas voir qu'il y rajoute une feuille. C'est aussi un moyen de l'amener à plus d'autonomie et de lui donner confiance en lui. Mais non, les parents continuent à saboter tout le travail fait en classe. Et là, ce soir, j'en ai ras le bol !!!
Parce que la confiance, c'est MON OUTIL DE TRAVAIL !!! Si je n'ai plus sa confiance, je ne peux plus travailler, c'est aussi simple. Il y a des élèves qui ont besoin de cadre, d'autorité ou de dialogue. Elève2 a besoin de confiance.
Voilà, je suis très très très fâchée et l'enseignante va convoquer les parents, une nouvelle fois. Il faut vraiment qu'on arrive à les convaincre de nous suivre. Le problème c'est qu'ils ont du mal à nous croire.
Quand on leur dit que leur gamin est fatigué, ils trouvent toujours une raison; l'hiver, le changement de saison, le changement d'heure, une soirée en famille.... Mais punaise ouvrez les yeux !!! Il est fatigué parce qu'il est dyspraxique, donc plus fatigable que les autres gamins, mais qu'il a quand même un agenda de ministre !!
Par contre, si on leur dit que c'est normal d'avoir eu quelques oublis lors d'une évaluation alors qu'il connaissait son verbe "être" par coeur (et que d'autres élèves ont eu aussi des oublis), là non. Là, c'est un manque de travail de la part de leur progéniture qui est, bien évidemment, un tir au flanc.
Alors, moi, je ne sais plus. Je lutte à longueur de temps. J'ai ramer comme une dingue en début d'année pour qu'il me fasse confiance, qu'il m'écoute, qu'il suive mes conseils. J'ai bossé chez moi, parfois tard, pour lui fabriquer des fiches plastifiées pour l'aider en maths. J'ai parlé et reparlé de tout ça en équipe éducative...
Et au final, je pourrais tout aussi bien parler au mur...
Mais comme je suis têtue, coriace et que je n'ai pas dit mon dernier mot.... Elève2 n'a pas fini de m'entendre lui rappeler qu'il est capable de faire les choses, qu'il est plus intelligent qu'il le croit et que MOI, j'ai confiance en lui !!!
Il faut juste que j'arrive à ne pas mordre ses parents lors du prochain rendez-vous...
Commenter cet article